Limoges habitat gallo-romain

Augustoritum / les vestiges d’un habitat moderne

Limoges habitat AugustoritumLimoges habitat au 3ème siècle. Les belles et vastes demeures des notables construites par une main d’oeuvre très qualifiée dès la seconde moitié du 3ème siècle le sont à partir de plans bien rôdés par les meilleurs architectes de Rome.  Leur décor est inspiré du style pompéien. Avec l’arrivée de la domus «à la romaine», la disparité sociale devient ostentatoire. Le chauffage par hypocauste (circulation d’air chaud dans un double sous-sol), réservé à quelques domus à la fin du 3ème siècle, devient plus fréquent au milieu du siècle suivant et gagne un habitat plus modeste, mais dont le rez-de-chaussée au moins est en pierre.

Habitat suburbain de Limoges au 3ème siecle

L’habitat suburbain est constitué des villae des grands domaines agricoles (jusqu’à deux cent cinquante hectares). On en connaît actuellement sept : Saint-Benoît, Sainte-Claire, Le Mas Bouriane, Buxerolles, Brachaud, Les Barlettes (à Panazol) et Condat sur Vienne. Les riches propriétaires de ces villas ornées de mosaïques et équipées de bains chauffés, véritables habitat de villégiature, n’y résident pas en permanence mais y font de fréquents séjours. Si l’on ne peut pas encore déterminer sous quel empereur la magistrature unique, héritée du monde gaulois, est abandonnée à Augustoritum au profit de la magistrature collégiale, on sait qu’au 2ème siècle, lorsque la ville de Limoges connaît sa plus large expansion, avec un nombre d’habitants estimé à dix ou douze mille (voir quinze mille), elle est gérée par deux magistrats, qui s’appuient sur le droit latin.

Ces duumvirs sont désignés, tout comme le questeur chargé de la gestion des deniers publics, par un petit sénat local, le collège des décurions, qui regroupe l’ensemble des notables et siège à la curie du forum. La fondation d’ Augustoritum (ancien nom gallo romain de Limoges) et la désertion progressive de l’oppidum de Villejoubert ne signifient pas l’abandon des cultes indigènes. La métropole de la cité des Lémovices abrite jusqu’à la fin du règne de Claude un sanctuaire où sont pratiquées les oblations d’objets domestiques, de céréales et d’animaux. La viande de ces derniers, abattus puis dépecés avec art, est destinée aux hommes tandis que les viscères et les ossements vont à la divinité . gauloise inconnue, dont on sait seulement qu’elle n’est pas guerrière mais tutélaire. La statuaire retrouvée et les inscriptions déchiffrées permettent de mentionner aussi la rémanence de cultes à la déesse-mère, à Taranis (dieu du tonnerre et de la foudre, maître du ciel) et à Grannos (dieu de la lumière bienfaisante).

Les idoles païennes en bronze ayant été fondues et les marbres des édifices cultuels ayant servi à faire de la chaux, il ne subsiste que peu de vestiges des temples du culte officiel. ll en va de même pour les cultes à mystères orientaux, qui auraient pu se développer à Augustoritum dès la seconde moitié du ne siècle. Seule la tradition chrétienne, qui veut que Martial ait christianisé vers 300 un temple consacré à Jupiter, Mercure, Diane et Vénus au sommet du puy Saint-Etienne, là où s’élève la cathédrale de Limoges, est précise tant sur le plan topographique que sur celui de la dédication.

Suite à la rapide expansion du christianisme en Limousin dût au passage du confesseur de l’Aquitaine et au développement de la pratique de l’inhumation aux anciennes nécropoles à incinérations du suburbium (faubourg), celles du Petit Tour (au nord-ouest de l’amphithéâtre, avec sépultures en fosse ou en coffre de pierre contenant l’ume) et du quartier des Emmailleurs, viennent s’ajouter, sous le Bas-Empire (4 et 5ème siècles ), dans un espace urbain alors abandonné, la nécropole de Saint-Martial (à l’emplacement des actuelles places de la République et Fournier, avec sépultures en sarcophage en pierre, parfoiss en plomb, ou en coffre de brique ou de bois) et celle, plus modeste, qui s’étend sous l’actuelle place Sainte-Félicité.

L’activité économique de Limoges

L’activité économique du Limoges gallo-romain sans doute florissante étant donné le nombre de boutiques, de lieux d’entreposage et d’ateliers, ne peut être évoquée que de manière fragmentaire. La plupart de ces activités ne laissant pas de traces, les fouilles n’ont permis de découvrir que des installations particulières à certaines professions, des scories ou des outils. Sont donc présents à Augustoritum: bronziers dinandiers, forgerons, tisserands, cordonniers, charpentiers, tonneliers, vanniers, tabletiers, tailleurs de pierre, maçons, chaufourniers, stucateurs, boulangers et bouchers. Tuiliers et briquetiers sont installés en périphérie, près des poches d’argile, tandis que les céramistes exercent leur art dans des fours dépendant des domaines ruraux.

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