Limoges / une arène gallo-romaine de 25 000 places

Les arènes de Limoges ou plutôt l’amphithéâtre

arènes Limoges gallo-romaine AugustoritumLes arènes de Limoges à structure creuse érigé à la limite nord-ouest de la ville, sur le point le plus élevé du coteau, près de la grande voie Lyon-Saintes, à l’emplacement de l’actuel jardin d’Orsay à Limoges, sont de forme ovales (cent trente-sept mètres pour le grand axe et cent seize pour le petit) et leur construction s’achève au plus tard sous le règne de Trajan (98-117). On leurs attribue une capacité de près de vingt-cinq mille places assises, ce qui le place au quatrième rang pour la Gaule, juste après les amphithéâtres de Poitiers, Autun et Lyon. Augustoritum peut aussi s’enorgueillir d’un théâtre à hémicycle inclus dans son périmètre urbain puisqu’il se situe au débouché du pont« fondateur», à hauteur de l’actuel quai Saint Martial à Limoges et de l’école maternelle Roger-Franck, mais il est malheureusement impossible de dire si sa construction est antérieure ou postérieure à celle de l’amphithéâtre, aux deux étages d’arcades couronnés d’un attique.

Limoges / Les arènes et les aqueducs d’Augustoritum

Même s’ils sont moins visibles, aqueducs et puits comptent également au  nombre des équipements publics de la ville de Limoges. Le réseau d’adduction, fait de galeries souterraines creusées dans la roche, plus rarement maçonnées, se subdivise en deux réseaux : les aqueducs collecteurs et les aqueducs viaires. Les premiers sont l’aqueduc d’ Aigoulène, long de deux kilomètres, qui conduit l’eau captée à Corgnac jusqu’à la place de la Motte en passant sous l’actuelle clinique du Colombier, et l’aqueduc de Beaubreuil, long de cinq kilomètres, qui traverse le quartier des Tuilières pour rejoindre l’aqueduc d’ Aigoulène à l’entrée de la place Winston Churchill à Limoges. Les seconds acheminent l’ eau sous les rues cardinales et décumanes, d’où elle est dirigée, par des canalisations scellées dans des murets maçonnés barrant les galeries, jusqu’aux fontaines et dans les maisons. Ce système de retenue d’eau n’est possible que grâce à la dénivellation inhérente à la déclivité naturelle.

Limoges / L’aqueduc d’Aigoulène

Si les premières réalisations, l’aqueduc d’ Aigoulène et l’aqueduc viaire maçonné du cardo maximus, peuvent être dites augusto-tibériennes; les extensions s’échelonnent jusqu’à la fin du 1er siècle, époque du creusement de l’aqueduc de Beaubreuil en périphérie de Limoges. Entretenu avec soin jusqu’au IVe siècle, le réseau viaire voit certaines de ses galeries doublées en cas d’ensablement. Des puits publics creusés en bordure des caniveaux, et comblés pour certains d’entre eux au me siècle, ont pu assurer l’approvisionnement en eau des habitants de Limoges avant la mise en service du réseau d’adduction. Faute de réseau de tout-à-l’égout généralisé, les eaux usées, collectées dans des rigoles maçonnées construites sous les trottoirs, sont déversées dans les caniveaux de la voirie.

Limoges / l’habitat urbain au 1er siècle

L’habitat urbain se caractérise par une assez grande diversité. Le savoir-faire romain en matière de maçonnerie de moellons de pierre et de brique liés au mortier de chaux, qui fait son apparition sur les chantiers de construction d’ Augustoritum durant le deuxième tiers du 1er siècle, bien que très vite assimilé, ne supplante pas totalement la vieille technique de l’ossature à pans de bois avec garnissage de terre argileuse. L’habitat augustéen, rustique, n’est pas rasé, mais rénové: les sols de terre battue sont recouverts d’une chape de béton de chaux et la terre des cloisons est remplacée par des hourdis de brique crue. Recouverts d’une couche d’argile, les murs intérieurs reçoivent un enduit de mortier avant d’être peints (mais pas décorés).

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