Les notables de Limoges

Déclin d’Augustoritum / Les notables du Limoges antique

Notables Limoges AugustoritumRelais commercial favorisé par sa situation géographique plutôt que centre de production, la capitale des Lémovices est bien fournie en productions diverses importées de régions proches. La vaisselle sigillée des notables sort en grande partie d’ateliers rouergats, la céramique en terre noire vient de Saintonge, les vases peints sont fabriqués à Roanne, les statuettes en argile blanche sont l’apanage des Eduens (dont la capitale est Autun) et des Arvernes, les marbres rhénane; quant au vin, denrée phare constituant un négoce fort lucratif, il est acheminé depuis la Campanie, la Narbonnaise ou la Tarraconaise (province romaine du nord-est de l’Espagne).

Les notables de Limoges

Romanisés, les notables du Limoges antique n’hésitent pas à tâter de la culture classique. C’est ainsi qu’un certain Blaesianus, un Biturige maître de bonne conduite, devient dans la seconde moitié du 2ème siècle un professeur réputé de grammaire. Il enseigne aux fils des riches notables l’ art de commenter les œuvres des plus grands poètes grecs et latins. Les plébéiens doivent, eux, se contenter de deviner le sens des inscriptions officielles ou funéraires et de transcrire leur nom sur certains objets leur appartenant.

Jusqu’au dernier quart du me siècle, la ville, où l’on goûte aux bienfaits de la romanisation (si le plus grand nombre assiste aux spectacles, certains trichent aux dés tandis que d’autres font des graffiti érotiques), existe sur la totalité de son emprise. Mais les signes révélateurs du déclin de la vie municipale ne tardent pas à apparaître : les thermes de la place des Jacobins ferment, des ailes du forum ne sont plus fréquentées, la voirie se dégrade, les édifices désaffectés sont démolis afin de récupérer en outre les blocs de grand appareil, les chaînages d’angle, les seuils et les marbres.

Le déclin économiques  de Limoges Augustoritum

Les difficultés économiques de Limoges à cette époque ont raison d’ Augustoritum, où certains habitants jugent prudent d’enfouir leur pécule. Des quartiers entiers de Limoges du Haut-Empire (fin du 1er siècle avant J.-C. – début du 3ème siècle) sont abandonnés durant le premier quart du IVe siècle au profit d’un promontoire, le puy Saint-Etienne, qui, probablement ceint de remparts dès le Bas-Empire, offre de véritables possibilités de défense.

Ce castrum (cité protégée par une enceinte fortifiée), édifié selon toute vraisemblance avant la menace vandale et dont l’axe principal (la rue de la Cathédrale de Limoges) est la septième rue décumane (qui longe le mur nord des thermes de la place des Jacobins à Limoges) prolongée, devient la civitas Lemovicum, la Cité, le siège épiscopal.

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